Modèle de facture

Modèle de facture pour webdesigner

La mise en ligne est faite, le client attend le solde, et ta facture doit raconter le projet tel qu'il s'est déroulé : les maquettes, l'intégration, les ajustements de recette, chacun sur sa ligne. Et parce que ton client est presque toujours une entreprise, le pied de facture — échéance, pénalités, indemnité de recouvrement — compte autant que les lignes elles-mêmes. Le modèle ci-dessous reprend une mission type de site vitrine : tu remplis avec tes tarifs, tu télécharges, le fichier sort au format Factur-X.

À quoi ressemble une facture webdesigner

FACTURE
n° 2026-014
Émise le 14 août 2026
Échéance : 13 septembre 2026
Émetteur
Webdesigner
SIREN 000 000 000
Ville
Client
Nom du client
Adresse
Ville
DésignationQtéP.U. HTTotal HT
Conception des maquettes — 6 gabarits desktop et mobile1 forfait1 400,00 €1 400,00 €
Intégration et développement WordPress4 jours420,00 €1 680,00 €
Corrections après recette du site3 heures60,00 €180,00 €
Cession de droits sur les maquettes — site et réseaux sociaux, 5 ans1 forfait400,00 €400,00 €
Total HT3 660,00 €

TVA non applicable, art. 293 B du CGI

Exemple illustratif : montants et libellés indicatifs. La mention de TVA ci-dessus s'applique si tu es en franchise en base —elle change au 1er janvier 2027.

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Ce que ta facture doit comporter

La frontière entre maquettes et code s'écrit dans tes désignations

Ne facture pas « Création du site — forfait » : découpe. Une ligne pour la partie graphique (« Conception des maquettes — 6 gabarits desktop et mobile »), une autre pour la partie technique (« Intégration et développement WordPress »). Ce découpage n'est pas cosmétique : deux lignes peuvent porter deux taux de TVA, une ligne unique ne le peut pas. Si tu cèdes tes droits sur les maquettes au taux réduit de 10 % — envisageable pour la seule création graphique, jamais pour du code (art. 279, g du CGI) — la cession doit donc vivre sur sa propre ligne, chiffrée séparément de la prestation qu'elle accompagne. Et même quand tout part à 20 %, le découpage garde son intérêt : le client voit ce qu'il paie, et le jour où on te demande « juste les maquettes » d'un autre projet, ton prix est déjà posé noir sur blanc.

Le pied de facture d'un client pro : échéance, pénalités, 40 €

Agences, commerces, TPE : tu factures des professionnels, donc trois mentions sont obligatoires sous le total. La date à laquelle le règlement doit intervenir ; le taux des pénalités de retard — sans clause, c'est le taux de la BCE majoré de 10 points qui s'applique, et si tu en stipules un autre, il ne peut pas descendre sous trois fois le taux d'intérêt légal (art. L441-10 du code de commerce) ; et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € (art. D441-5 du même code). Formulation à recopier : « Paiement à 30 jours à compter de la date d'émission. Tout retard entraîne de plein droit des pénalités au taux BCE majoré de 10 points et une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €. » Ces pénalités courent sans relance ni mise en demeure, et la Cour de cassation les juge dues même quand la facture a oublié de les mentionner (Cass. com., 3 mars 2009, n° 07-16.527) — l'oubli, lui, reste puni : jusqu'à 75 000 € d'amende administrative pour un indépendant (art. L441-9 du code de commerce).

Un jalon facturé, c'est un livrable nommé et daté

Sur un site payé en trois temps — commande, validation des maquettes, mise en ligne — chaque encaissement intermédiaire exige sa facture d'acompte numérotée (art. 289 du CGI) : encaisser un virement « en attendant la facture de fin de projet » est une facturation irrégulière. Sur chacune, désigne le jalon plutôt qu'un pourcentage nu : « Acompte à la validation des maquettes du 12/09/2026 — devis n° D-2026-041 » dit ce qui a été livré et quand, là où « Acompte 2/3 » n'engage à rien. C'est aussi ta protection si le projet s'arrête en route : chaque facture émise correspond à un livrable que le client a validé, et il n'y a rien à renégocier.

La ligne de maintenance porte sa période et son périmètre

« Maintenance site — 90 € » ne suffit pas : la facture doit porter la date à laquelle la prestation est effectuée dès lors qu'elle est déterminée et qu'elle diffère de la date d'émission (art. 242 nonies A de l'annexe II au CGI), et pour un abonnement, c'est la période couverte qui en tient lieu. Écris « Maintenance mensuelle — septembre 2026 : mises à jour du CMS et des extensions, sauvegardes, une heure d'interventions incluse ». Cette ligne fait office de contrat miniature : le mois où le client estime que trois heures de modifications sont « comprises dans la maintenance », c'est elle qui tranche, sans échange de mails ni relecture du devis. Et si tu revends l'hébergement souscrit chez ton prestataire, mets-le sur sa propre ligne : ce n'est pas la même prestation, et pas forcément le même prix d'une année sur l'autre.

L'erreur à ne pas faire

Tout facturer à la mise en ligne. Tant que le site n'est pas livré, le client répond dans l'heure ; une fois son site publié, ton levier a disparu et ta facture unique arrive précisément au moment où il n'a plus besoin de toi — c'est là que les règlements s'étirent sur des mois. Découpe le paiement dès le devis : un acompte à la commande, un jalon à la validation des maquettes, le solde à la mise en ligne, chacun avec sa facture. Et blinde le cas du client qui n'en finit pas d'envoyer ses contenus : prévois au devis que le solde devient exigible un mois après la recette technique, site publié ou non — sinon un projet gelé de son côté peut retenir ton dernier tiers indéfiniment.

Questions fréquentes

Le client tarde à valider ou à envoyer ses contenus : je peux facturer quand même ?

La règle veut que la facture soit délivrée dès la réalisation de la prestation (art. L441-9 du code de commerce) : ton travail achevé, tu n'as pas à attendre le bon vouloir du client pour émettre. Le vrai verrou se pose en amont, au devis : prévois que la recette est réputée acquise sans retour du client sous quinze jours après livraison de la préproduction, et que le solde devient exigible à cette date même si la mise en ligne attend encore ses textes et ses photos. Sans cette clause, tu peux toujours émettre, mais tu t'exposes à une contestation sur le point de savoir si la prestation était vraiment terminée.

Mon client impose un paiement à 60 jours, c'est légal ?

Oui, à condition que ce délai soit prévu au contrat : le plafond légal est de 60 jours à compter de l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si la clause le stipule expressément (art. L441-10 du code de commerce). Sans clause, le délai par défaut est de 30 jours après l'exécution de la prestation. Au-delà de ces plafonds, la clause est illicite, même signée. Dans tous les cas, la date d'échéance doit figurer sur la facture, et les pénalités de retard courent de plein droit dès le lendemain, sans qu'une relance soit nécessaire.

Nom de domaine et hébergement : je les prends à mon nom et je refacture ?

Pour le nom de domaine, non : réserve-le au nom du client, ou transfère-le-lui — un domaine enregistré à ton nom crée un litige de propriété le jour où la relation se tend. Si tu avances la dépense pour son compte, sur mandat et avec une facture du bureau d'enregistrement établie à son nom, tu peux la refacturer à l'euro près en débours, hors TVA (art. 267, II-2° du CGI). Si au contraire tu souscris l'hébergement à ton nom et le revends dans ta prestation, c'est une ligne normale de ta facture, avec TVA à 20 % et le prix que tu choisis — mais c'est toi que le client appellera quand le serveur tombera.

Je forme le client à son back-office : je facture ça comment ?

Comme une prestation ordinaire, à 20 % : une ligne « Prise en main du back-office — 2 heures » sur la facture du projet. N'écris pas « formation » en espérant une exonération : l'exonération de TVA de la formation professionnelle est réservée aux organismes déclarés et titulaires d'une attestation délivrée par l'administration (art. 261, 4-4°-a du CGI), ce qui n'est pas le cas d'un webdesigner qui montre à son client comment publier un article. La ligne dédiée a un autre mérite : elle borne ton accompagnement, et les questions qui reviennent trois mois plus tard relèvent d'une nouvelle facture.

Après le 1er septembre 2026, je peux encore envoyer mes factures en PDF ?

Oui. Le 1er septembre 2026 crée une obligation de réception, pas d'émission : à cette date, tout assujetti établi en France doit être en mesure de recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs via une plateforme agréée. Pour l'émission, une micro-entreprise ou une TPE a jusqu'au 1er septembre 2027 avant que le format structuré ne devienne obligatoire vers ses clients professionnels : d'ici là, ton PDF actuel reste parfaitement valable. Le modèle proposé ici sort déjà en Factur-X, lisible par un humain comme par une plateforme — tu prends l'habitude maintenant et tu t'épargnes une migration dans l'urgence à l'été 2027. Tes rares clients particuliers, eux, restent en dehors de la facturation électronique.

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