Guide métier

Facture électronique webdesigner

Un site vitrine facturé au forfait, une refonte livrée en plusieurs jalons, un contrat de maintenance mensuel : la facture d'un webdesigner mélange souvent plusieurs taux de TVA sur une même mission, selon que la ligne facturée relève de la conception graphique, du développement ou de la cession des droits sur les visuels livrés. Une distinction qui compte d'autant plus que la clientèle est presque exclusivement professionnelle — agences, TPE, commerçants — directement concernée par la réforme de la facturation électronique.

Les particularités du métier

TVA à 20 % sur la conception et le développement

La création de maquettes, l'intégration et le développement d'un site (thème, CMS, fonctionnalités) relèvent du taux normal de TVA à 20 %, comme la majorité des prestations de service. C'est le taux par défaut d'une facture de webdesigner, sauf franchise en base.

Cession de droits sur les visuels : oui, mais pas sur le code

Un webdesigner peut être reconnu auteur de la partie graphique de son travail — maquettes, identité visuelle, mise en page du site — au titre des œuvres de l'esprit. Lorsque le contrat prévoit une cession des droits d'exploitation sur ces visuels, cette cession peut, sur une ligne séparée, relever du taux réduit de 10 % applicable aux droits patrimoniaux d'auteur (art. 279 g du CGI). Ce taux réduit ne s'étend en revanche jamais au code source ni aux logiciels : la loi les exclut expressément du dispositif (2ᵉ alinéa du g de l'art. 279 du CGI), quel que soit le degré de créativité mis dans leur écriture. Le développement, l'intégration technique et la configuration du CMS restent donc taxés à 20 %, même sur une mission dont la partie graphique bénéficie par ailleurs du taux réduit. Ce taux de 10 % suppose en plus une vraie marge de création : la justice administrative a récemment écarté ce régime pour un prestataire qui s'était contenté d'appliquer une charte graphique imposée par son client, avec un droit de retouche laissé à ce dernier (CAA Versailles, 4 juin 2026, n° 24VE00166) — une situation proche de celle d'un webdesigner chargé de décliner une charte existante sur un nouveau support, sans latitude créative propre. Pour ce type de mission très encadrée, mieux vaut retenir 20 % sur l'ensemble ou vérifier le régime avec un comptable.

Maintenance et hébergement : des factures récurrentes à numéroter sans interruption

Un contrat de maintenance ou d'hébergement facturé mensuellement donne lieu à une facture par échéance, et non à une facture unique en début d'année : chacune doit respecter la même numérotation séquentielle continue que le reste de l'activité, sans jamais réutiliser un numéro ni créer de série parallèle réservée aux abonnements.

Agences et commerces, en première ligne de la réforme facture électronique

Un webdesigner travaille presque exclusivement pour des professionnels — agences web, commerces, TPE, associations — qui basculent tous vers la facture électronique au même calendrier légal. Côté réception, l'échéance tombe le 1er septembre 2026 : il faut alors être capable d'encaisser les factures structurées envoyées par ses propres prestataires (hébergeur, banque, comptable), quel que soit son régime de TVA. Côté émission, le rendez-vous est fixé à septembre 2027 pour les TPE et micro-entreprises, ce qui suppose d'avoir choisi une plateforme de dématérialisation partenaire d'ici là, plutôt que de découvrir la contrainte au dernier moment.

La franchise en base, fréquente en début d'activité

Beaucoup de webdesigners indépendants démarrent en franchise en base de TVA : tant que le chiffre d'affaires annuel reste sous 37 500 € (seuil de tolérance à 41 250 €), la facture est émise hors taxe avec la mention 'TVA non applicable, article 293 B du CGI'.

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Quel taux de TVA appliquer ?

Un webdesigner applique le plus souvent le taux normal de 20 % : c'est le taux par défaut sur la conception, l'intégration et le développement d'un site, quelle que soit la forme de facturation (forfait, jalons, abonnement de maintenance). Lorsque le contrat prévoit une cession des droits d'exploitation sur la partie graphique — maquettes, identité visuelle, mise en page — cette cession peut, sur une ligne séparée, bénéficier du taux réduit de 10 % applicable aux droits patrimoniaux d'auteur (art. 279 g du CGI). Ce taux réduit ne s'applique en revanche jamais au code source ni aux logiciels, que la loi exclut expressément du dispositif : le développement et l'intégration technique restent taxés à 20 %, même sur une mission qui bénéficie par ailleurs du taux réduit sur sa partie graphique. Ce taux de 10 % suppose aussi une véritable marge de création ; la justice a récemment écarté ce régime pour une prestation exécutée selon une charte graphique imposée par le client, avec droit de retouche laissé à ce dernier (CAA Versailles, 4 juin 2026, n° 24VE00166) — un cas proche de la simple déclinaison d'une charte existante. Sous les seuils de la franchise en base (37 500 € de chiffre d'affaires annuel, tolérance à 41 250 €), aucun de ces taux ne s'applique et la facture est émise hors taxe.

Questions fréquentes

Quel taux de TVA pour la création d'un site web ?

Le taux normal de 20 %, qu'il s'agisse d'un forfait, d'un paiement par jalons ou d'un abonnement de maintenance. C'est le régime par défaut applicable à la conception, à l'intégration et au développement d'un site, sauf franchise en base.

Puis-je facturer la cession de droits à 10 % sur un site que j'ai conçu ?

Seulement sur la partie graphique reconnue comme une œuvre de l'esprit — maquettes, identité visuelle, mise en page — et à condition de l'isoler sur une ligne séparée de la facture. Le code source et les logiciels utilisés ou développés pour le site restent exclus de ce taux réduit par la loi elle-même, quelle que soit la créativité mise dans leur écriture : la partie développement reste taxée à 20 %. Cette part graphique doit en plus relever d'une vraie création : la justice a récemment refusé ce taux à un prestataire qui se contentait d'appliquer une charte imposée par son client, avec droit de retouche pour ce dernier (CAA Versailles, 4 juin 2026, n° 24VE00166). En cas de doute sur la part réellement éligible, mieux vaut appliquer 20 % à l'ensemble ou faire confirmer le régime par un comptable.

Suis-je concerné par la franchise en base de TVA ?

Tant que ton chiffre d'affaires annuel reste sous 37 500 € (tolérance jusqu'à 41 250 € l'année du dépassement), tu factures hors taxe avec la mention 'TVA non applicable, article 293 B du CGI'. À 2 500 ou 3 000 € le site vitrine, douze à quinze projets dans l'année suffisent à atteindre ce seuil, surtout avec des contrats de maintenance mensuels récurrents en plus. Un projet de réforme prévoyait début 2025 d'abaisser ce seuil à 25 000 € pour tous les micro-entrepreneurs ; il a été définitivement abandonné par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025, qui maintient les seuils actuels.

Comment facturer un contrat de maintenance mensuel ?

Comme n'importe quelle facture récurrente : une facture par échéance, avec la même numérotation séquentielle continue que le reste de ton activité, sans créer de série séparée pour les abonnements ni réutiliser un numéro d'un mois sur l'autre. Il est utile de préciser sur chaque facture la période et le périmètre couverts (hébergement, mises à jour, interventions incluses) pour éviter toute contestation.

La facture électronique 2026-2027, qu'est-ce que ça change pour un webdesigner ?

Beaucoup, car la clientèle d'un webdesigner est presque exclusivement professionnelle. Dès le 1er septembre 2026, tu dois être en mesure de recevoir des factures électroniques structurées de tes propres fournisseurs (hébergeur, outils SaaS, comptable), même en franchise en base. Et si tu factures en TPE ou micro-entreprise, l'obligation d'émettre tes propres factures via une plateforme agréée s'applique à partir de septembre 2027 — y compris à des agences ou des commerces qui ne seront pas forcément équipés avant toi.

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