Modèle de facture pour prothésiste ongulaire
Ta cliente est encore assise, la pose sèche, et la note doit être prête avant qu'elle sorte sa carte — pas envoyée le soir par SMS. Une note de prothésiste ongulaire tient en quelques lignes, à condition que chaque geste et chaque produit y vive séparément : la dépose n'est pas la pose, le nail art se compte à l'ongle, l'huile vendue au comptoir n'est pas une prestation. Le modèle ci-dessous est rempli avec des tarifs réalistes ; tu remplaces par les tiens, tu télécharges, le fichier sort au format Factur-X.
À quoi ressemble une facture prothésiste ongulaire
SIREN 000 000 000
Ville
Adresse
Ville
| Désignation | Qté | P.U. HT | Total HT |
|---|---|---|---|
| Dépose de l'ancienne pose gel | 1 forfait | 18,00 € | 18,00 € |
| Pose complète gel avec extensions sur capsules | 1 forfait | 55,00 € | 55,00 € |
| Nail art, décor fin | 4 ongles | 3,00 € | 12,00 € |
| Huile à cuticules 15 ml (vente) | 1 pièce | 9,00 € | 9,00 € |
TVA non applicable, art. 293 B du CGI
Exemple illustratif : montants et libellés indicatifs. La mention de TVA ci-dessus s'applique si tu es en franchise en base —elle change au 1er janvier 2027.
Crée cette facture en 30 secondes.
Gratuit, sans compte — le PDF Factur-X est prêt à envoyer.
Ce que ta facture doit comporter
L'ongle est une unité de facturation à part entière
L'article 3 de l'arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 impose le décompte détaillé, en quantité et en prix, de chaque prestation et de chaque produit vendu, avec le prix unitaire et la désignation de l'unité à laquelle il s'applique. Prends-le au pied de la lettre : la dépose a sa ligne, la pose la sienne, et le nail art s'écrit « Nail art, décor fin — 4 ongles × 3 € » plutôt que « supplément déco : 12 € », qui ne dit ni ce qui a été fait ni sur combien de doigts. Le décompte ne devient facultatif que lorsqu'un devis descriptif et détaillé a été accepté avant la prestation, et encore faut-il que son contenu corresponde exactement à ce qui a été exécuté — autant dire jamais pour un remplissage réservé en ligne. Détaille tout, systématiquement : c'est aussi ce qui coupe court aux contestations en fin de rendez-vous.
La vente au comptoir a sa ligne, jamais fondue dans la pose
L'huile à cuticules ou le kit d'entretien vendu en fin de rendez-vous va sur la même note, mais sur une ligne formulée comme une vente — « Huile à cuticules 15 ml (vente) » — au lieu de disparaître dans le prix de la prestation. Ce découpage n'est pas un caprice de présentation : la franchise de TVA se surveille avec deux plafonds, l'un global, l'autre réservé aux seules prestations (article 293 B du CGI), et le régime micro applique deux abattements calculés séparément sur chaque fraction du chiffre d'affaires — 71 % sur les ventes de marchandises, 50 % sur les prestations de services (article 50-0 du CGI). En fin d'année, tu dois pouvoir additionner chaque famille de lignes indépendamment, et tes notes sont la seule pièce qui prouve cette répartition.
La somme de réservation se déduit en bas, avec son mot exact
Les 20 € encaissés à la réservation ne rabotent pas le prix des lignes : la pose reste affichée à son tarif plein, et la somme apparaît sous le total — « Arrhes versées le 12/09/2026 : −20 € » — juste avant le net à payer. Reprends exactement le mot de ta confirmation de rendez-vous : quand rien d'écrit ne dit le contraire, le code de la consommation qualifie lui-même d'arrhes la somme qu'une consommatrice verse d'avance (article L214-1), et une note qui parle d'« acompte » quand la confirmation disait « arrhes » — ou l'inverse — fabrique une contradiction qui ressortira au premier rendez-vous annulé. Le document remis à la cliente doit raconter la même histoire, du premier SMS jusqu'au net à payer.
À domicile, la note dit où la pose a eu lieu
Parmi les mentions exigées par l'article 3 de l'arrêté n° 83-50/A figurent la date et le lieu d'exécution de la prestation. En institut, personne n'y pense : le lieu se confond avec ton adresse. Dès que tu travailles chez tes clientes, il redevient une vraie mention — écris l'adresse du rendez-vous, distincte de la tienne qui figure en tête. Quant au déplacement, il se facture sur sa propre ligne, « Frais de déplacement », à un tarif annoncé au moment de la réservation et jamais découvert sur la note : informer sur le prix avant l'exécution est une obligation, pas une politesse (article L112-1 du code de la consommation), et un forfait kilométrique qui surgit à l'encaissement se conteste, quand celui qui figurait dans tes tarifs communiqués s'encaisse sans discussion.
L'erreur à ne pas faire
La ligne unique « Pose complète + déco + kit d'entretien — 85 € ». Elle encaisse très bien, et elle te rattrape deux fois. D'abord elle ignore l'article 3 de l'arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983, qui exige le décompte de chaque prestation et de chaque produit vendu, avec prix unitaire et quantité. Ensuite, et c'est plus coûteux, elle efface la frontière entre prestation et vente : le jour où ton chiffre d'affaires approche des plafonds de la franchise, ou quand l'administration confronte tes déclarations de micro-entrepreneuse — deux cases distinctes, deux abattements —, tes notes ne savent plus dire combien tu as vendu de produits et combien tu as facturé de poses. Tu reconstitues alors la répartition de mémoire, face à un vérificateur qui n'a aucune raison de te croire et rien qui l'oblige à retenir la lecture qui t'arrange.
Questions fréquentes
Ma cliente ne s'est pas présentée : je lui fais quand même une note ?
Non. La note constate une prestation rendue — l'article 1er de l'arrêté n° 83-50/A la fait remettre « dès qu'elle a été rendue » — et là, rien n'a été rendu. Ce que tu conserves, ce sont les arrhes versées à la réservation : la cliente s'est dédite, la somme te reste acquise par le jeu de l'article L214-1 du code de la consommation, sans autre document que le reçu établi au moment du versement. Surtout, n'édite pas une note « pose complète » pour une pose jamais réalisée : tu inscrirais une prestation fictive dans ta séquence de numérotation. Et si rien n'avait été versé d'avance, tu n'as rien à réclamer pour le rendez-vous manqué, sauf conditions d'annulation expressément acceptées à la réservation — c'est l'avance encaissée qui protège ton planning, pas une note rédigée après coup.
Comment remplir la note quand la cliente paie avec un bon cadeau ?
La note du rendez-vous s'établit normalement, prestations détaillées à leur prix plein, puis le bon vient en déduction sous le total — « Réglé par bon cadeau n° BC-2026-014 : −55 € » — et le net à payer ne porte que sur l'éventuel complément. Le bon lui-même, au moment où tu l'as vendu, a donné lieu à un reçu remis à son acheteuse, avec un numéro que tu retrouves le jour de l'utilisation. Tant que tu es en franchise en base, la fiscalité du bon ne change rien pour toi ; si tu factures la TVA, un bon valable pour une prestation déterminée chez toi est un bon à usage unique au sens de l'article 256 ter du CGI : la taxe est due dès l'encaissement du bon, pas au rendez-vous.
J'ai réparé deux ongles cassés en plus du remplissage prévu : je gonfle la ligne ?
Non : ajoute une ligne « Réparation d'ongle cassé — 2 ongles », à ton tarif unitaire, sous la ligne du remplissage resté à son prix annoncé. Le décompte de l'arrêté n° 83-50/A joue dans les deux sens : il détaille ce que la cliente paie, et il protège ton prix affiché — un remplissage soudain plus cher que ta grille ressemble à une majoration sauvage, alors qu'un remplissage au tarif habituel suivi de deux réparations à l'unité se lit sans la moindre explication. Même logique pour la French, le babyboomer ou toute finition en supplément : une ligne par supplément, au tarif qui figure dans ta grille.
Dois-je écrire le nom de ma cliente sur la note ?
Par défaut oui : l'article 3 de l'arrêté n° 83-50/A range le nom du client parmi les mentions de la note — mais c'est la seule qui tombe si la cliente s'y oppose, le texte le prévoit expressément. Tu n'as donc ni à exiger une pièce d'identité ni à refuser la note à une cliente qui préfère rester discrète : tu remets l'original sans nom, et le double que l'article 4 du même arrêté te fait garder pendant deux ans, rangé chronologiquement par date de rédaction, reste parfaitement valable. À l'inverse, dès que la cliente compte se faire rembourser la séance par son comité d'entreprise ou la passer en frais, mets le nom : c'est ce qui rend le document exploitable de son côté.
Facture électronique 2026-2027 : ce modèle doit-il changer ?
Le modèle, non : une note remise à une particulière n'entre pas dans le circuit des factures électroniques, réservé aux transactions entre assujettis — ce chiffre d'affaires-là fera simplement l'objet, à partir de 2027, d'une transmission agrégée à l'administration via l'e-reporting. Ton organisation, elle, a deux rendez-vous. Le 1er septembre 2026, tout assujetti établi en France, franchise en base comprise, doit être en mesure de recevoir ses factures d'achat via une plateforme agréée : celles de ta marque de gels et capsules ou de l'éditeur de ton agenda de réservation arriveront par ce canal. Le 1er septembre 2027, tes propres factures adressées à des professionnels — une formation donnée à une consœur, une animation d'atelier pour une marque — devront à leur tour partir au format électronique par une plateforme agréée. Le fichier généré ici est déjà du Factur-X, il n'y aura qu'à le faire transiter le moment venu, et ta mention de franchise reste mot pour mot « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » jusqu'au 31 décembre 2026.