Guide métier

Facture électronique professeur particulier

Deux heures de mathématiques le mercredi chez une famille du quartier, un cours de piano le samedi dans ton salon, une préparation au bac en juin. Un professeur particulier occupe une place rare dans le paysage fiscal : ses cours peuvent être exonérés de TVA, non pas grâce à un seuil de chiffre d'affaires, mais grâce à un texte qui décrit très précisément la façon dont il travaille. Change un seul élément de cette description et l'exonération tombe.

Les particularités du métier

Une exonération attachée à ta façon de travailler, pas à ton diplôme

Le b du 4° du 4 de l'article 261 du code général des impôts exonère de TVA les cours ou leçons relevant de l'enseignement scolaire, universitaire, professionnel, artistique ou sportif, dispensés par des personnes physiques qui sont rémunérées directement par leurs élèves. Cette énumération de disciplines n'est pas décorative : c'est elle qui délimite le champ. L'administration l'illustre — mathématiques, français, langues étrangères pour le scolaire ; chant, piano, danse pour l'artistique ; éducation physique, judo, natation, équitation, tennis, ski pour le sportif — et précise que les cours doivent être dispensés par des personnes indépendantes, en dehors du cadre de l'exploitation d'un établissement d'enseignement. Trois conditions, donc, cumulatives : des cours relevant de l'une de ces disciplines ; dispensés personnellement par une personne physique, sans le concours de salariés, hors exploitation d'un établissement ; rémunérée directement par ses élèves. Une limite s'y ajoute, moins connue : l'administration écarte le régime pour une prestation à caractère purement récréatif, l'enseignement devant développer les connaissances et les aptitudes de l'élève. En revanche, le tête-à-tête n'est pas exigé — les cours dispensés à un ou plusieurs élèves sont exonérés, et disposer d'un local aménagé ne change rien, dès lors que tu exerces sans l'aide d'aucun salarié. Aucune de ces conditions ne se remplace par un diplôme, une certification ou vingt ans de métier.

'Exonéré' et 'en franchise' ne veulent pas dire la même chose

La confusion est permanente, et elle se voit sur les documents. La franchise en base de l'article 293 B est un régime de seuil : tu ne factures pas de TVA tant que ton chiffre d'affaires reste sous une limite, et tu la factures au-delà. L'exonération de l'article 261, 4-4°-b n'est pas un seuil : elle tient à la nature même de l'opération et joue quel que soit ton chiffre d'affaires. Les mentions diffèrent en conséquence. Une opération exonérée appelle la référence à la disposition qui la fonde — 'Exonération de TVA, article 261, 4-4°-b du CGI' — là où la franchise appelle 'TVA non applicable, article 293 B du CGI'. Attention à la façon dont on résume la tolérance des petits montants : les factures dont le total hors taxes ne dépasse pas 150 € peuvent omettre la référence textuelle, mais pas l'indication que l'opération bénéficie d'une exonération, qui reste due pour chaque ligne facturée quel que soit le montant. Autant dire que l'économie est nulle : porte la mention complète systématiquement, c'est elle qui explique à un lecteur pressé pourquoi ta note ne comporte aucune taxe. Un point commun aux deux régimes, en revanche : aucune TVA n'est récupérable sur tes achats.

Le jour où l'élève ne te paie plus directement

C'est la ligne de rupture, et le texte la dessine en creux : l'exonération suppose que tu dispenses les cours personnellement et que tu perçoives directement de tes élèves la rémunération de ton activité enseignante. La doctrine ajoute une exclusion nette — les personnes qui enseignent avec le concours de salariés doivent être soumises au paiement de la TVA, l'exemple donné étant celui du professeur de musique qui s'adjoint un assistant ou un accompagnateur et ne perçoit dès lors plus exclusivement la rémunération de son enseignement personnel. Le Conseil d'État a durci la lecture le 1er juillet 2025, à propos d'une école de danse exploitée en nom propre : les leçons données avec le concours d'autres personnes ne peuvent bénéficier de l'exonération, l'activité s'apprécie dans son ensemble compte tenu de ses conditions d'organisation, et le régime tombe y compris pour les leçons que l'exploitant dispensait lui-même — quand bien même les recettes correspondantes auraient été distinguées en comptabilité. Autrement dit, on ne sauve pas une part d'exonération en isolant une ligne dans ses comptes. Dès que la rémunération cesse de venir directement de l'élève ou de sa famille — une plateforme qui facture le parent et te reverse une part, un organisme qui encaisse à ta place, une société que tu interposes, une structure qui te salarie — la condition posée par le texte n'est plus remplie telle qu'elle est écrite. Avant de te fier à l'exonération dans un montage de ce type, fais confirmer ta situation par ton service des impôts des entreprises.

Le crédit d'impôt de tes familles passe par une déclaration, pas par ta facture

Le soutien scolaire et les cours à domicile figurent parmi les activités de services à la personne : des cours individuels, scolaires ou de loisirs, donnés par un intervenant physiquement présent au domicile. Le périmètre est étroit et les exclusions sont explicites — l'enseignement à distance, par correspondance, par internet ou sur support électronique n'en fait pas partie, le soutien scolaire collectif non plus, même donné à domicile, pas davantage que les frais de matériel pédagogique. L'activité relève de la simple déclaration, sans agrément, et c'est cette déclaration enregistrée qui ouvre l'avantage fiscal à tes clients : ton numéro d'enregistrement doit alors figurer sur tes documents commerciaux et contractuels, et une attestation fiscale annuelle leur est remise. Un point à ne surtout pas mélanger : cette déclaration joue sur l'avantage fiscal de la famille, pas sur ton régime de TVA. Elle ne crée pas ton exonération et ne la conditionne pas — deux dispositifs distincts, deux séries de conditions.

Cours particulier, formation professionnelle, atelier en entreprise : trois régimes

Le même verbe, enseigner, recouvre trois situations fiscalement étrangères les unes aux autres, et c'est au moment du devis que le tri se fait. La leçon particulière payée par l'élève relève du b du 4° : exonération, sans démarche préalable, mais sous les conditions strictes rappelées plus haut. La formation professionnelle continue relève du a du même 4° : l'exonération y est possible, mais elle suppose une attestation obtenue auprès de la DREETS et un numéro de déclaration d'activité — c'est le régime du formateur, pas le tien, et il ne se présume jamais. Enfin, un atelier animé pour une entreprise, une association ou une collectivité qui te paie n'est ni l'un ni l'autre : ton client n'est pas ton élève, la prestation relève du taux normal de 20 %, sauf franchise en base, et la facture obéit aux règles applicables entre professionnels — mentions complètes, date d'échéance, pénalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 €. Sur une même année, tu peux très bien traverser les trois.

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Quel taux de TVA appliquer ?

Un professeur particulier n'est pas dans le cas général. Le b du 4° du 4 de l'article 261 du CGI exonère de TVA les cours ou leçons relevant de l'enseignement scolaire, universitaire, professionnel, artistique ou sportif, dispensés par des personnes physiques qui sont rémunérées directement par leurs élèves, l'administration précisant que les cours doivent être dispensés en dehors du cadre de l'exploitation d'un établissement d'enseignement et écartant les prestations à caractère purement récréatif. Trois conditions cumulatives, donc : la discipline enseignée ; un enseignement dispensé personnellement par une personne physique, sans le concours de salariés et hors exploitation d'un établissement ; une rémunération perçue directement des élèves. Cette exonération ne dépend d'aucun seuil de chiffre d'affaires : ce n'est ni la franchise en base, ni un avantage qui se demande, c'est le statut fiscal de l'opération elle-même. Tes notes sont donc établies sans TVA, avec l'indication du bénéfice de l'exonération et la référence à la disposition qui la fonde, et aucune TVA n'est déductible sur tes achats — manuels, instrument, abonnements, véhicule. Elle cesse en revanche de s'appliquer dès qu'une des conditions manque. Si tu enseignes avec le concours de salariés, la doctrine impose le paiement de la taxe, et le Conseil d'État a jugé le 1er juillet 2025 que l'activité s'appréciait dans son ensemble : le recours à des tiers fait tomber l'exonération y compris pour les leçons données personnellement. Si un organisme, une société ou une plateforme s'interpose entre l'élève et toi, tu n'es plus rémunéré directement par l'élève. Et si ton client est une entreprise qui achète une intervention, tu vends une prestation de services taxable au taux normal de 20 %. Dans ces cas-là, tu retombes dans le droit commun : TVA à 20 %, sauf si ton chiffre d'affaires te maintient sous la franchise en base des prestations de services — 37 500 € par an, seuil majoré à 41 250 € — auquel cas la mention devient 'TVA non applicable, article 293 B du CGI'. Le projet d'abaisser ce seuil à 25 000 € pour tous les micro-entrepreneurs a été abandonné par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025. Une dernière précision, parce que le sujet ne pardonne pas l'approximation : si ta situation s'écarte de la description du texte, fais-la confirmer par ton service des impôts des entreprises avant d'imprimer la mention d'exonération sur tes notes.

Questions fréquentes

Un professeur particulier doit-il facturer la TVA ?

Pas si sa situation correspond au texte. Le b du 4° du 4 de l'article 261 du CGI exonère les cours ou leçons relevant de l'enseignement scolaire, universitaire, professionnel, artistique ou sportif, dispensés par des personnes physiques qui sont rémunérées directement par leurs élèves — l'administration réservant le régime aux cours donnés en dehors du cadre de l'exploitation d'un établissement d'enseignement, et l'écartant pour une prestation purement récréative. Trois conditions cumulatives, donc : la discipline, un enseignement dispensé personnellement et sans le concours de salariés, une rémunération perçue directement des élèves. Aucun seuil de chiffre d'affaires à surveiller : l'exonération vaut quel que soit ce que tu gagnes, et le fait d'avoir plusieurs élèves dans la même séance ne la remet pas en cause. Elle tombe en revanche si tu enseignes avec l'aide de salariés, ou si la rémunération ne vient plus directement de l'élève. C'est alors le droit commun qui reprend : 20 %, sauf franchise en base sous 37 500 €.

Quelles mentions porter sur la note remise à une famille ?

Un cours particulier est une prestation de services rendue à un particulier : la note est obligatoire dès 25 € TTC et doit être remise avant le paiement ; en dessous, elle reste due si le client la demande. Elle porte ton identité et ton SIREN, un numéro issu d'une séquence chronologique continue jamais réutilisée, la date, le détail des cours — dates, durée, matière, élève concerné — et le total. Si tes cours sont exonérés, ajoutes-y la référence à la disposition qui fonde l'exonération ; si tu relèves de la franchise en base, c'est 'TVA non applicable, article 293 B du CGI'. En revanche, l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement et les pénalités de retard ne concernent que les clients professionnels : elles n'ont rien à faire sur une note remise à une famille.

Je donne des cours via une plateforme : l'exonération tient-elle toujours ?

Elle mérite d'être vérifiée avant d'être invoquée. Le texte exige que tu dispenses les cours personnellement et que tu perçoives directement de tes élèves la rémunération de ton activité enseignante. Si la plateforme se contente de te mettre en relation et que la famille te règle directement, la condition reste lisible. Si elle facture le parent, encaisse le paiement et te reverse une part, tu n'es plus rémunéré directement par l'élève au sens du texte. La même question se pose quand un organisme encaisse à ta place ou quand tu interposes une société. Et n'espère pas sauver une part du régime en cloisonnant tes recettes : dans une décision du 1er juillet 2025 relative à une école de danse, le Conseil d'État a jugé que l'activité devait s'apprécier dans son ensemble au regard de ses conditions d'organisation, et que le recours à des tiers faisait tomber l'exonération y compris pour les leçons dispensées personnellement, quand bien même les recettes auraient été distinguées en comptabilité. Comme les montages varient d'une plateforme à l'autre, ne raisonne pas par analogie : lis ce que ton contrat dit de qui facture et qui encaisse, puis fais confirmer ton régime par ton service des impôts des entreprises.

Mes élèves ont-ils droit au crédit d'impôt de 50 % ?

Seulement si tu es déclaré au titre des services à la personne, et seulement pour les cours qui entrent dans le périmètre. Le soutien scolaire et les cours à domicile en font partie : ce sont des cours individuels, scolaires ou de loisirs, donnés par un intervenant physiquement présent au domicile. Sont exclus l'enseignement à distance — correspondance, internet, support électronique — le soutien scolaire collectif, même donné à domicile, et les frais de matériel pédagogique. L'activité relève d'une simple déclaration, sans agrément, et c'est elle qui ouvre l'avantage fiscal : ton numéro d'enregistrement figure ensuite sur tes documents commerciaux et contractuels, et tu remets une attestation fiscale annuelle à tes clients. Cette déclaration ne modifie ni ne conditionne ton régime de TVA : ce sont deux sujets séparés.

Facture électronique 2026-2027 : un professeur particulier est-il concerné ?

Beaucoup moins que la moyenne, mais pas pour rien — et la raison tient à l'exonération, pas au fait que tes élèves soient des particuliers. L'administration dispense d'émission de facture électronique les opérations exonérées au sens des articles 261 à 261 E du CGI, ce qui inclut l'enseignement du 4° de l'article 261-4. La dispense joue opération par opération, pas une fois pour toutes : les cours exonérés en sont couverts, les autres opérations que tu réalises ne le sont pas. Reste la réception, qui ne dépend d'aucun régime : en tant qu'acheteur professionnel, tu dois pouvoir recevoir dès septembre 2026 les factures électroniques de tes fournisseurs, par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. Et si une part de ton activité sort de l'exonération — un atelier facturé à une entreprise, par exemple — cette part bascule dans le régime commun, avec émission obligatoire à partir de septembre 2027 pour les micro-entreprises et TPE. Une facture conforme est alors un fichier Factur-X : un PDF lisible au format PDF/A-3 auquel est attaché un XML conforme à la norme EN 16931. TaFacture génère ce fichier, mais n'est pas une plateforme agréée.

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