Guide métier

Facture électronique chauffagiste

Installer une pompe à chaleur, dépanner une chaudière en panne ou réaliser la visite d'entretien annuelle : le chauffagiste combine des taux de TVA sensibles — les chaudières au gaz ont perdu leur éligibilité aux taux réduits — et une obligation légale propre au métier, l'entretien annuel de certaines chaudières : une obligation qui pèse sur ton client, mais que tu es seul à pouvoir exécuter, et qui donne lieu à une attestation bien distincte de la facture.

Les particularités du métier

TVA à 5,5 % sur la rénovation énergétique, sauf pour le gaz

La pose d'une pompe à chaleur, d'un chauffe-eau thermodynamique ou d'une chaudière biomasse éligible dans un logement de plus de 2 ans peut bénéficier du taux réduit de 5,5 %, réservé à la rénovation énergétique. Attention : depuis le 1er mars 2025 (art. 32 de la loi de finances pour 2025), les chaudières fonctionnant, même partiellement, aux énergies fossiles — gaz, fioul — sont explicitement exclues des deux taux réduits, 5,5 % ET 10 %, y compris les chaudières à condensation autrefois éligibles : leur installation relève désormais du taux normal de 20 %, sans exception. Ce taux réduit ne se présume jamais : il suppose que l'équipement posé figure sur la liste des travaux éligibles au moment de la facturation.

TVA à 10 % ou 20 % pour le dépannage et l'installation classique

Un dépannage, le remplacement d'une pièce détachée ou l'entretien courant d'une chaudière déjà installée, dans un logement de plus de 2 ans, relèvent du taux intermédiaire de 10 %, quelle que soit l'énergie de l'appareil : l'exclusion des chaudières fossiles ne vise que l'installation d'un appareil neuf, pas la maintenance de celles déjà en place. L'installation d'un système de chauffage complet dans une construction neuve, un logement de moins de 2 ans, ou l'installation d'une nouvelle chaudière aux énergies fossiles (même en remplacement d'une ancienne) relève, elle, du taux normal de 20 %.

L'entretien annuel de chaudière, une obligation légale à part entière

Au-delà de la TVA, un chauffagiste est concerné par une obligation propre à son métier : l'entretien annuel des chaudières dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 400 kW — gaz, fioul, biomasse ou mixtes — est une obligation légale (articles R. 224-41-4 à R. 224-41-9 du code de l'environnement), à l'initiative de l'occupant du logement (sauf clause contraire du bail) pour une chaudière individuelle, ou du propriétaire ou du syndicat des copropriétaires pour une chaudière collective. C'est une visite que le chauffagiste réalise chaque année civile, distincte d'un simple dépannage ponctuel.

Attestation d'entretien et facture : deux documents, deux rôles

La visite d'entretien donne lieu à une attestation d'entretien, établie dans les 15 jours suivant la visite (article R. 224-41-8 du code de l'environnement) et remise au client, qui doit la conserver au moins 2 ans — elle sert notamment de justificatif auprès de l'assurance habitation en cas de sinistre. Cette attestation ne remplace pas la facture : ce sont deux documents distincts, l'un prouvant que l'entretien a bien été réalisé selon les règles de l'art, l'autre étant le document commercial et fiscal de la prestation. Les deux doivent être établis et conservés séparément.

La décennale sur le raccordement, pas sur le contrat d'entretien

Le raccordement d'une chaudière, qu'elle soit neuve ou remplacée, touche à un équipement indissociable du bâtiment : un défaut d'installation qui provoquerait un incendie ou une intoxication au monoxyde de carbone peut engager la garantie décennale au titre de l'article 1792 du code civil. Elle doit être mentionnée sur le devis et la facture d'installation. Un simple contrat d'entretien annuel n'engage pas la décennale — il relève de la responsabilité civile professionnelle — mais un devis écrit reste obligatoire avant toute intervention de dépannage ou d'installation, sans seuil minimal depuis l'arrêté du 24 janvier 2017.

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Quel taux de TVA appliquer ?

Un chauffagiste applique en pratique trois taux de TVA. Le taux réduit de 5,5 % est réservé aux équipements de rénovation énergétique éligibles — pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique, chaudière biomasse — posés dans un logement de plus de 2 ans. Depuis le 1er mars 2025 (art. 32 de la loi de finances pour 2025), l'installation d'une chaudière fonctionnant aux énergies fossiles, y compris à condensation, est exclue des deux taux réduits et relève du taux normal de 20 %, même en remplacement d'un appareil ancien. Le taux intermédiaire de 10 % couvre le dépannage et l'entretien d'une chaudière déjà installée dans un logement de plus de 2 ans, quelle que soit son énergie — cette exclusion ne vise que l'installation d'un appareil neuf. Le taux normal de 20 % s'applique aussi au neuf et à un logement de moins de 2 ans. Dans les cas de taux réduit, une mention portée sur le devis ou la facture — et non plus une attestation Cerfa séparée depuis 2025 — certifie que les conditions sont remplies, à conserver jusqu'à la fin de la 5ᵉ année suivant les travaux.

Questions fréquentes

Quel taux de TVA pour installer une pompe à chaleur ?

Dans un logement achevé depuis plus de 2 ans, la pose d'une pompe à chaleur éligible relève en principe du taux réduit de 5,5 %, réservé à la rénovation énergétique. Ce taux suppose que l'équipement figure sur la liste des travaux éligibles au moment de la facturation, et que le client certifie directement sur le devis ou la facture que les conditions sont remplies.

Les chaudières à gaz bénéficient-elles encore du taux réduit ?

Non. Depuis le 1er mars 2025 (art. 32 de la loi de finances pour 2025), l'installation d'une chaudière fonctionnant aux énergies fossiles — y compris à condensation, autrefois éligible — est exclue des deux taux réduits, 5,5 % et 10 %. Elle relève désormais du taux normal de 20 %, même en remplacement d'un ancien appareil. Seuls le dépannage et l'entretien d'une chaudière déjà installée restent au taux de 10 %, quelle que soit son énergie.

L'entretien annuel de la chaudière d'un client est-il vraiment obligatoire ?

Oui, pour toute chaudière dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 400 kW, quelle que soit l'énergie utilisée (gaz, fioul, biomasse). C'est une obligation légale prévue par le code de l'environnement (articles R. 224-41-4 à R. 224-41-9), à réaliser chaque année civile, à l'initiative de l'occupant pour un logement individuel.

L'attestation d'entretien remplace-t-elle la facture ?

Non, ce sont deux documents distincts et tous deux obligatoires. L'attestation, à établir dans les 15 jours suivant la visite, prouve que l'entretien a été réalisé et sert de justificatif en cas de sinistre auprès de l'assurance. La facture reste le document commercial et fiscal de la prestation, avec ses propres mentions obligatoires.

Un chauffagiste est-il concerné par la facture électronique 2026-2027 ?

Oui, comme tout professionnel assujetti à la TVA. La réforme se joue en deux temps pour un chauffagiste : réception d'abord, émission ensuite. Dès le 1er septembre 2026, tu dois être en mesure de recevoir des factures électroniques structurées de tes fournisseurs — grossiste en matériel de chauffage, fabricant de pompes à chaleur — même si tu es en franchise en base. Un an plus tard, à partir du 1er septembre 2027, ce sera à ton tour d'émettre tes propres factures dans un format structuré comme Factur-X pour tes clients professionnels, via une plateforme de dématérialisation agréée. Les factures à tes clients particuliers, elles, n'ont pas à passer par ce circuit. Elles ne disparaissent pas des radars pour autant : le second volet du dispositif, le e-reporting, t'imposera de déclarer périodiquement les données de ces ventes au fisc, à partir de la même date.

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