Facture électronique carreleur
Refaire le carrelage d'une salle de bain, poser une terrasse extérieure ou reprendre un sol après des travaux d'isolation : le carreleur jongle avec des taux de TVA qui varient selon l'ancienneté du logement et le lien — ou l'absence de lien — avec un chantier de rénovation énergétique. Et parce qu'un carrelage assure souvent l'étanchéité d'une pièce d'eau, la question de la décennale se pose différemment que pour une simple pose décorative.
Les particularités du métier
TVA à 10 % sur l'entretien et la réparation
La reprise de quelques carreaux fissurés, le remplacement d'un carrelage de salle de bain ou de cuisine, ou la pose d'une faïence murale dans un logement achevé depuis plus de 2 ans relèvent en principe du taux intermédiaire de 10 %, main-d'œuvre et carrelage compris. Ce taux tombe si le chantier dépasse le cadre de l'entretien courant — une réfection généralisée des sols sur l'ensemble du logement, par exemple, en lien avec d'autres gros travaux touchant plus des deux tiers du second œuvre : l'ensemble repasse alors à 20 %.
TVA à 5,5 % quand la reprise de carrelage est accessoire à une isolation éligible
Le carrelage retiré puis reposé pour permettre des travaux d'isolation (isolation d'un plancher bas, pose d'un plancher chauffant relié à une pompe à chaleur éligible) peut suivre le taux réduit de 5,5 % de l'isolation, mais seulement si les deux prestations forment une opération unique et que la reprise de carrelage est accessoire par rapport à l'isolation (BOI-TVA-LIQ-30-20-95, théorie de l'accessoire, art. 257 ter du CGI) : c'est l'isolation qui doit rester la prestation principale, la reprise du carrelage n'en étant qu'une conséquence nécessaire. Si les deux prestations restent dissociables — un carreleur qui intervient pour son propre compte, sur un chantier distinct — chacune garde son propre taux. Et si le carrelage et l'isolation forment un ensemble indissociable sans que l'un soit clairement accessoire à l'autre, c'est le taux le plus élevé des deux qui s'applique à la totalité de la facture.
TVA à 20 % dans le neuf et les grandes surfaces
La pose de carrelage dans une construction neuve ou un logement achevé depuis moins de 2 ans relève du taux normal de 20 %, tout comme un chantier de grande ampleur qui dépasse le cadre de l'entretien courant. Dans tous les cas de taux réduit, c'est une mention portée sur le devis ou la facture — plus d'attestation Cerfa séparée depuis 2025 — qui certifie que les conditions sont remplies, à conserver jusqu'à la fin de la 5ᵉ année suivant les travaux.
La décennale, une question d'étanchéité
La décennale d'un carreleur se joue surtout sur l'étanchéité : un carrelage de salle d'eau, de douche à l'italienne, de terrasse extérieure ou de piscine participe à la protection du bâti contre les infiltrations, et un défaut de pose (étanchéité sous carrelage, pente d'évacuation) peut relever de la garantie décennale au titre de l'article 1792 du code civil s'il rend le logement impropre à sa destination. Elle doit alors figurer sur le devis et la facture. Un carrelage mural purement décoratif, sans fonction d'étanchéité, reste couvert par la seule assurance responsabilité civile professionnelle.
Le devis, et le calepinage qui évite la contestation
Un devis écrit est obligatoire avant toute intervention, sans seuil minimal depuis l'arrêté du 24 janvier 2017. Pour un carreleur, le vrai point de friction est ailleurs : l'état du support (à ragréer ou non), le sens de pose et le calepinage — l'implantation prévisionnelle des carreaux, qui détermine les découpes et les chutes de matière — font varier le prix pour une même surface. Un devis qui précise ces éléments au m², repris à l'identique sur la facture, évite la contestation après coup.
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Quel taux de TVA appliquer ?
Trois taux de TVA coexistent pour un carreleur qui travaille chez des particuliers. Le taux intermédiaire de 10 % couvre l'entretien et la réparation dans un logement de plus de 2 ans — reprise de carreaux, pose d'une faïence, rénovation d'une salle de bain. Le taux réduit de 5,5 % peut s'étendre à la reprise de carrelage quand elle est accessoire à une isolation éligible et forme avec elle une opération unique (BOI-TVA-LIQ-30-20-95, théorie de l'accessoire, art. 257 ter du CGI) ; si les deux prestations restent dissociables, chacune garde son propre taux, et si elles forment un tout indissociable sans qu'aucune ne soit clairement accessoire à l'autre, c'est le taux le plus élevé des deux qui s'applique à l'ensemble. Le taux normal de 20 % s'applique dans le neuf, dans un logement de moins de 2 ans, ou dès que le chantier dépasse le cadre de l'entretien courant. Dans les deux cas de taux réduit, une mention portée sur le devis ou la facture — et non plus une attestation Cerfa séparée depuis 2025 — certifie que les conditions sont remplies, à conserver jusqu'à la fin de la 5ᵉ année suivant les travaux.
Questions fréquentes
Quel taux de TVA pour refaire le carrelage d'une salle de bain ?
Dans un logement achevé depuis plus de 2 ans, le taux intermédiaire de 10 % s'applique en principe, sur la main-d'œuvre comme sur le carrelage posé. Si le logement a moins de 2 ans, ou si le chantier dépasse le cadre de l'entretien courant, c'est le taux normal de 20 % qui s'applique.
Et si le carrelage est refait après des travaux d'isolation ?
Le taux réduit de 5,5 % peut s'étendre à la reprise de carrelage si elle est accessoire à l'isolation et forme avec elle une seule et même opération (BOI-TVA-LIQ-30-20-95) — c'est l'isolation qui doit rester la prestation principale. Si les deux restent des prestations distinctes, chacune garde son propre taux, et si elles forment un ensemble indissociable sans qu'aucune ne soit clairement accessoire à l'autre, c'est le taux le plus élevé des deux qui s'applique à la totalité de la facture.
Dois-je avoir une assurance décennale pour poser du carrelage ?
Cela dépend de la fonction du carrelage. Dans une salle d'eau, une douche à l'italienne, sur une terrasse extérieure ou autour d'une piscine, le carrelage participe à l'étanchéité du bâti : un défaut de pose peut relever de la garantie décennale au titre de l'article 1792 du code civil. Un carrelage mural purement décoratif, sans fonction d'étanchéité, reste couvert par ta seule responsabilité civile professionnelle.
Le calepinage doit-il figurer sur le devis ?
Ce n'est pas une obligation légale, mais c'est fortement recommandé : préciser sur le devis le sens de pose et l'implantation prévisionnelle des carreaux évite les désaccords sur les découpes et les chutes de matière, souvent à l'origine des contestations de prix une fois le chantier terminé.
Un carreleur est-il concerné par la facture électronique 2026-2027 ?
Oui, comme tout professionnel assujetti à la TVA, la réforme de la facturation électronique s'applique aussi aux carreleurs. Deux échéances à retenir : à partir du 1er septembre 2026, tu dois pouvoir recevoir des factures électroniques structurées de tes fournisseurs de carrelage, de colles et de matériaux, même en franchise en base ; puis, à partir du 1er septembre 2027, tu devras toi-même émettre tes factures à tes clients professionnels dans un format structuré comme Factur-X, en transitant par une plateforme de dématérialisation agréée. Les factures à tes clients particuliers échappent, elles, à cette obligation d'émission — mais pas à tout : leurs montants devront être transmis à l'administration au titre du e-reporting, le second volet de la réforme, à la même échéance de septembre 2027.
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